
Thème
Les éco-systèmes
Identification
La forêt tropicale humide
Point d'intérêt
Cette halte au coeur de la forêt guyanaise va nous donner l'incroyable opportunité d'étudier un éco-système et pas n'importe lequel : la forêt tropicale humide, caractérisée par une formation végétale arborée haute et dense, ainsi qu'un climat chaud et très humide. En soi, il s'agit d'un éco-système, comme nous en étudierons plusieurs, riche et complexe; à ce titre nous examinerons son fonctionnement "interne", ses composantes et sa cohérence. Mais si l'on fait un zoom arrière sur cette zone tropicale humide, on s'aperçoit qu'elle présente un intérêt "externe", à l'échelle de la planète, dans son ensemble. Nous essaierons de comprendre pourquoi. Première piste : on estime que l'ensemble de forêts tropicales de la planète recèlent au moins 75 % des espèces vivantes, animales et végétales. Plus des deux tiers de ces forêts se regroupent au sein de seulement trois pays, le Brésil étant le plus vaste. Elles représentent ainsi un enjeu majeur dans la protection de la biodiversité. Deuxième piste : elles participent à la régulation de la biosphère tout entière. Et pourtant elles disparaissent peu à peu de la surface de la Terre, sous les coups des exploitants de bois, des chercheurs d'or ou des planteurs de soja. Nous étudierons plus tard dans notre parcours ces problématiques (quoique la station de Nouragues où nous séjournerons soit soumise à la pression des chercheurs d'or, nous aurons sans doute l'occasion d'en entendre parler quand même).
Lieu
Nous serons accueillis au sein de la très innovante Station des Nouragues, station scientifique du CNRS implantée au coeur de la réserve naturelle du même nom. Elle est située en forêt tropicale humide primaire caractéristique de la zone Est amazonienne, à une distance d'environ 100 km de Cayenne à vol d'oiseau. On y accède par pirogue (six heures au départ de Régina) et marche en forêt (trois heures - 7km - au départ de Saut-Pararé, le point de débarquement sur la rivière Arataye). La station héberge des scientifiques de tous organismes nationaux et internationaux étudiant le fonctionnement des écosystèmes forestiers des zones intertropicales. La station présente une originalité plus qu'intéressante pour notre travail : elle dispose depuis octobre 2004 d'un nouveau dispositif fonctionnel pour accéder à la canopée (la cime des arbres, où se trouve la majeure partie de la biodiversité).

Thème
Civilisation
Identification
Le rapport à la nature d'un peuple indigène d'Argentine : les Tobas
Point d'intérêt
Les Tobas seraient aujourd'hui 6000 à peupler l'Argentine, surtout au nord. C'est bien d'une civilisation dont il s'agit, avec toutes ses composantes. D'abord, un mode de vie. Avant la colonisation espagnole, les Tobas vivaient principalement de la pêche en rivière, de la chasse et de la cueillette en forêt. Depuis l'arrivée des Européens, leur mode de vie à beaucoup changé. Mais les Tobas conservent un mode de vie proche de la nature : ils continuent à pêcher sur le fleuve, chassent en forêt (le tatou ou l'iguane), connaissent encore très bien les plantes comestibles de la forêt et leurs vertus. Ensuite, un système de croyance. Chaque communauté a ainsi un chamane (Piog-o-nax), qui est à la fois guide spirituel et médecin. Il a le pouvoir de communiquer avec des êtres supérieurs, souvent dans la nature : esprits de la forêt, du fleuve, de la lagune. Il connaît la médecine naturelle, celle de la forêt. D'ailleurs les Tobas ont une connaissance approfondie des vertus de chaque plante et fabriquent leurs propres médicaments. Un langage également... dans lequel la nature a son mot à dire : les chants des oiseaux revêtent une signification et sont pris en compte pour prendre des décisions. Enfin, la communauté politique. Les Tobas sont victimes de la déforestation et des producteurs de soja, dont les productions s'étendent toujours plus. Confrontation à un autre rapport à la nature...
Lieu
C'est dans les provinces du Chaco et de Formosa que nous nous rendrons, au nord du Chili. Nous sommes depuis peu en relation avec l'association La Croix du Sud, qui nous permet d'établir un contact avec des communautés aborigènes. Le climat de la région est sub-tropical avec des pluies toute l'année à l'est, tandis que le reste du territoire connaît une saison sèche en hiver. Les Rios Pilcomayo, Bermejo et Teuco et autres nombreux cours d'eau irriguent toute la région.


Nicolas Vanier
Nicolas Vanier est connu pour sa récente Odyssée sibérienne, un périple de 8 000 km et de 4 mois à travers la Sibérie qu'il a effectué à raison de 80 kilomètres par jour avec un attelage de dix chiens, d'Irkoutsk à Moscou. Passionné, Nicolas Vanier a commencé ses expéditions en traversant à pied la Laponie en 1982. Puis s'est attaqué au grand nord québécois, aux Rocheuses et à l'Alaska, à la Sibérie, à l'Océan Arctique.
Nicolas Vanier et nous
Lors de son odyssée sibérienne, Nicolas a essayé de véhiculer un message écologique, comme nous tacherons de le faire. Par ailleurs, régulièrement, il racontait ses aventures dans le journal Mon Quotidien, journal pour lequel nous serons reporters. C'est pour ces raisons que l'association de Nicolas Vanier au projet est pour nous de grande valeur et pour ces raisons également que Nicolas a voulu être parrain du projet. Merci Nicolas !
http://www.nicolasvanier.com

Thème
Protection de la nature
Identification
Un milliardaire américain achète des hectares de terres pour les préserver
Point d'intérêt
Il s'agira pour nous de rencontrer Doug et Kris Tompkins, deux milliardaires américains. Leur spécificité : ils ont créé le plus grand parc naturel privé au monde : plus de 300 000 hectares ! Au total, ils ont ouvert 11 parcs, d'une superficie totale de plus de 800 000 hectares. Cette rencontre présente un triple intérêt. D'abord, ce sera l'occasion de s'interroger et d'interroger nos interlocuteurs sur la notion de philantropie écologique, devenue à la mode (les plus grands milliardaires font des dons de plus en plus importants en faveur de la nature, jusqu'à Gordon Moore, co-fondateur d'Intel, qui a fait don d'une somme de 261 millions de dollars en 2001 pour la découverte et le maintien de lieux phares de la biodiversité) : est-ce une solution ? un compromis ? Ensuite, les époux Tompkins ont adopté un mode de vie très proche de la nature, sans électricité par exemple. Ils ont par ailleurs des idées intéressantes sur la société techno-industrielle (ils sont très proches de la pensée du philosophe norvégien Naess). Enfin, le parc de Pumalin est d'un intérêt majeur en ce qu'il renferme une biodiversité végétale et animale exceptionnelle, le tout à l'état sauvage.
Lieu
Le parc Pumalin est situé au sud du Chili, au nord de la région patagonienne, au sud de Puerto Montt. Les paysages sont faits de volcans aux sommets enneigés, couverts d'une forêt dense et qui plongent dans les eaux glacées. On y trouve l'ancienne forêt tropicale (qui reçoit 6000 mm de pluie par an), recouverte de son linceul de brume et qui abrite des alerce géants, des arbres qui ont plus de 3000 ans. Des sentiers de randonnées sillonnent la forêt, dont l'air est froid et humide, mais 98 % du territoire restent à l'état sauvage.

Thème
Civilisation
Identification
Sao Paulo, plus grande mégalopole d'Amérique du Sud
Point d'intérêt
Une première s'annonce dans l'histoire de la planète : près des deux tiers de la population du monde vivra dans les villes vers 2025, prévoit la direction de la population des Nations Unies. Le mouvement devrait prendre des allures de déferlante dans les villes des pays du Sud, qui devraient compter quatre milliards d'individus, soit le double d'aujourd'hui. Les mégalopoles comme objets d'étude sont passionnantes car elles sont à la fois des symptômes et des corps malades. Symptômes d'une modernité mal maîtrisée, d'un rapport à la nature mal pensé ou pas pensé du tout, bref d'un modèle civilisationnel. Corps malades de pollution des eaux et des airs, du manque de ressources, des déchets, de la concentration de la population, de la pauvreté.
Lieu
São Paulo est caractérisée par un urbanisme débridé. Elle est en 2003, la 7e ville du monde dans le classement des immeubles avec 2 578 gratte-ciel et la 5ème plus grande ville du monde avec 19 millions d'habitants ! On parle alors d'urbanisation galopante "verticale". Pour voir la pollution à Sao Paulo, pas besoin de quitter la ville : il suffit de prendre un peu de hauteur et d'observer l'horizon. Par beau temps, on ne voit qu'elle, nettement détachée du ciel azur. Elle, c'est bien sûr cette chape de pollution marron/bleue qui enveloppe la ville, tant visible qu'elle fait presque partie des clichés touristiques de Sao Paulo. Dans la capitale paulista, la pollution atmosphérique a deux origines bien distinctes. La première, dite "stationnaire", est généralement provoquée par les cheminées des usines et les incinérateurs domestiques. La seconde dite "mobile", provient des quelques 5,5 millions de véhicules en circulation dans les Grand Sao Paulo. Bienvenue dans un monde de démesure !